mercredi 29 juin 2011

La Honte doit changer de camp !

Pour de véritables campagnes nationales contre le viol et toutes les violences exercées contre les femmes

Alors que deux nouvelles affaires de viol ont été révélées dans la presse lyonnaise ce dernier mois : le viol d’une jeune fille de 14 ans par 4 adolescents à peine plus âgés, et sous le regard d’une dizaine d’autres dont certains ont filmé la scène ; le viol d’une jeune femme de 19 ans  lors de la soirée organisée par les facs de médecine sur le campus de la Doua, les associations féministes de terrain réaffirment que ces actes sont insupportables et condamnables. Ils sont révélateurs des rapports de dominations entre hommes et femmes et des violences sexistes qui en découlent.

La parole des victimes de viols ne peut ni ne doit être remise en cause ni minimisée : « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, y compris au sein du couple, par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle » (article 222.23 du code pénal). [...]

Vous pouvez lire le manifeste de la campagne « La honte doit changer de camp » et signer la pétition sur le site : http://www.contreleviol.fr/


Signataires : CABIRIA – Femmes Contre les Intégrismes – FEMMES SOLIDAIRES, FILACTIONS, FRISSE, OSEZ LE FFMINISME - PLANNING FAMILIAL

lundi 20 juin 2011

Témoignage anonyme et réflexion

Tomboy à la marche des fiertés LGBT 2011!
Je me présente : j’ai la trentaine mais l’allure d’un adolescent de 15 ans rebelle et ébouriffé, un peu bronzé, bonnet A ou B (ah si je mettais des soutien-gorges…), assez mince, sportive mais sans avoir les muscles dessinés. A l’occasion de la marche des fiertés LGBT (lesbiennes gais bi trans) 2011, j’ai décidé de défiler torse nu et en caleçon d’homme. Pourquoi ? Pour transgresser les normes sexistes en vigueur sur le corps féminin, et pour profiter de cette liberté accordée une fois dans l’année d’être dans l’espace public une autre personne que celle que je suis les 364 jours restants. Et bien le résultat a été plutôt intéressant.
En fin de marche, je m’étais éloigné du cortège du Collectif Lesbien Lyonnais auquel j’appartenais pour m’allonger sur le goudron avec d’autres militants qui empêchaient le FLAG (les policiers gais) de passer. Un jeune homme d’un groupe d’adolescent-e-s spectateurs-trices s’allonge à nos côtés sous les hués de ses ami-e-s qui lui demandent s’il est devenu fou et l’invitent à se relever. Je me redresse pour aller parler aux jeunes femmes du groupe. Lorsque deux d’entre elles me voit arriver torse nu et en caleçon d’homme, elles ont un mouvement de recul et un regard effrayé : « me touche pas, le pellot ! (le mec) ». Je m’arrête surprise qu’elles me prennent pour un homme. Je bombe mon torse pour mettre en avant mes seins, et penche la tête sur les côtés avec un regard interrogatif pour leur demander si d’après elles je suis un homme ou une femme. L’une d’elle montre mes seins et dit « me touche pas, tu prends des hormones ! ». Et là je réalise qu’elles me prennent pour un trans MtX (homme en transition vers femme) qui aurait démarré un traitement hormonal pour avoir des seins. J’enchaine en leur montrant le caleçon d’homme qui n’a visiblement pas de pénis à l’intérieur. Ce à quoi elles répondent : « fais voir à l’intérieur ?». Là je préfère laisser planer le doute plutôt que de baisser mon caleçon.
Alors Monique Wittig aurait-elle raison : « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » ? En tout cas la représentation de ces adolescentes est révélatrice : si tu marches torse nu dans la rue, il y a plus de chance que tu sois un homme. Et si tu as des seins et que tu portes un caleçon d’homme, alors ça ne fait pas de doute ! Tu n’es pas une femme qui a mis un caleçon d’homme, tu es un homme qui a pris des hormones pour ressembler à une femme ! Transgenre quoi (le métissage du genre féminin et masculin qui ne permet plus d’identifier clairement le sexe déclaré à la naissance). S’ensuit une éloquente réaction de rejet de cet entre-deux. C’est ce qu’on appelle la transphobie. Les codes du genre féminin (les habits, le comportement) doivent être collés à la peau pour permettre d’identifier une femme. Gare aux codes discordants.
Le pouvoir de la performativité (lorsque « ce qui est dit » devient « ce qui est ») : ces adolescentes me disent « tu es un homme », j’ai bien voulu les croire, et face à elles je le suis. Elles m’ont permis de vivre l’expérience psychique d’être un homme. C’était déjà arrivé à l’adolescence qu’on s’adresse à moi en tant que garçon à cause de l’habit masculin. Mais c’est la première fois qu’on m’assigne explicitement un sexe masculin alors que je suis adulte et dévêtue. J’ai savouré cette liberté d’être un autre alors que j’étais pratiquement nue pendant un instant.
Le pouvoir de la performance : ces adolescentes m’ont identifiée à partir du contexte, du comportement et de l’habit, et pas à partir de mon corps. Ainsi il n’y a pas besoin d’être un homme pour être en caleçon dans la rue, mais on devient un homme si on le fait dans une marche LGBT, quel que soit son corps. Montrer son torse en public est une performance d’homme. Probablement au même titre que comparer la taille de ses organes génitaux externes en groupe : une action à prévoir l’année prochaine ? 
Notre place sociale varie en fonction de la performance qu’on est capable de produire. John Gagnon (sociologue de la sexualité) dit que la plupart d’entre nous essayons de réaliser des performances qui correspondent aux normes sociales. La performativité des soignants à la naissance à travers « c’est un garçon ! » ou « c’est une fille ! » et le sexe que nos parents déclarent à l’Etat, sont les premières normes sociales. Cette performativité va déterminer en partie nos performances : qui doit être productif, prendre des risques, établir des cadres, diriger, jouir systématiquement quand il baise, marcher torse nu dans la rue ? Qui doit entretenir la force de production et les personnes dépendantes, suivre les règles, prendre sur soi, patienter, se donner même si ça fait mal, se couvrir le corps mais pas trop ? Et nos performances vont aussi déterminer en partie la performativité : « ce sont des femmes qui font ce travail, donc il est moins bien payé » et « ce travail est moins bien payé donc si tu acceptes de le faire c’est que tu es une femme ». Mais certaines personnes sont incapables de réaliser la performance attendue : produire ou/et entretenir, baiser ou/et être baisé, jouir en étant pénétré ou/et en étant frotté, être torse nu dans la rue ou/et y passer sans se montrer... C’est la marge. Si la déclaration du sexe à la naissance était abolie, que deviendrait la performance de chacun-e ? Pourrait-on choisir ? Deviendrait on le sexe que l’on performerait le mieux ? Changerait-on de sexe en fonction de la performance ? Cette norme de déterminer deux sexes serait-elle remplacé par une autre norme organisée autour de la « complémentarité reproductive » mâle-femelle ? Ou bien la question de la reproduction, et donc du sexe, deviendrait-elle secondaire pour céder la place à une autre norme ?

vendredi 17 juin 2011

Marche des fiertés

Demain, samedi 18 juin c'est la Marche des Fiertés.
Et aussi "L'appel du 18 joint" mais c'est un autre sujet.

Cette marche sous le mot d'ordre en "En 2011 je marche, en 2012 je vote" génère bien des réactions. Et c'est tant mieux.
Du coup, je poste ce petit billet rapidement avec 2 lien : celui de l'association Chrysalide, association militante sur les transidentités,  et celui de On est pas des Cadeaux , émission transpédéguouine et féministe sur radio Canut, la plus rebelle des radio (102.2).

On Est Pas des Cadeaux appel à un bloc unitaire libertaire - Pink Bloc - à l'intérieur de la Marche.
Leur mot d'ordre "On est pas là pour décorer, on détruira votre société"Allez lire leur billet pour en savoir plus. Et vous, qu'en pensez-vous?

RECTIFICATION posée le 19/09/11 à la demande de "On est pas des Cadeaux"* : "On est pas des cadeaux" n'est pas l'auteur-e de l'appel libertaire mais, comme ici, un média qui fait passer l'info. 
*Emission de radio trans-pédé-guouine de radio Canut (102.2 sur Lyon et en direct sur le net).





Et Chrysalide sous le mot d'ordre "En 2012, je vote.. ou pas".
Le billet en ligne est à lire aussi absolument aussi. Chrysalide souligne au marqueur que le vote, beaucoup de LGBT n'y on pas accès faute de papiers, qu'en l'absence de "point" liés à nos problématique dans les programmes politiques, beaucoup d'entre nous on décidés de ne plus voter.


Concernant le mot d'ordre de la LGP (Lesbian and Gay Pride), le collectif à mon avis s'exprimerai difficilement d'une voix parce que les point de vues sont trop variés. Et puis le but ce n'est pas de se "convertir" les unes les autres.
 Et concernant notre positionnement, nous nous sommes entendues ensemble autour de 2 "slogans" : "inégalité des droits = lesbophobie d'état"et "Aujourd'hui je marche, tout les jours je lutte".









En tout cas, ces échanges sont très intéressants. J'espère qu'on pourra se faire des ptites rencontres radiophoniques ou autres discussions publique pour en parler ensembles. De ça et d'autres choses d'ailleurs.

Nous, on sera en "Triporteur".
C'est un engin sur roue, genre vélo bi-place, qui ne pollue pas, que L'Atelier de vélo et Thomas nous prête, qu'on a remastérisé avec amour, et qui ne demande plus qu'à rouler.
Fière allure quoi.
Avec un peu de son, mais pas beaucoup de watt par rapport aux "gros". Faudra qu'on se serre pour entendre :))

lundi 13 juin 2011

Claude Cahun

Claude Cahun, Autoportrait, 1919


« Brouiller les cartes.

Masculin ? Féminin?

Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours. S’il existait dans notre langue, on n’observerait pas ce flottement de ma pensée. Je serais pour de bon l’abeille ouvrière. »

Claude Cahun, Aveux non avenus, ch VII « H.U.M. (Fear) », Paris, Editions du Carrefour, 1930, p.176

mercredi 8 juin 2011

TÉMOIGNAGE Amina, blogueuse lesbienne de Damas, kidnappée en pleine rue


Article COPIé/COLLé sur rue89 - lien sur le titre. Alexia



Logo de Global Voices.
Amina Arraf est devenue très vite célèbre. Elle blogue sous le pseudonyme d'Amina Abdullah, et écrit sur la politique, le soulèvement actuel, et sur le fait d'être lesbienne en Syrie. Ces dernières semaines, les billets inspirés de la jeune femme, qui possède la double nationalité américaine et syrienne, décrivaient la vie quotidienne en Syrie.
Aujourd'hui, le propre blog d'Amina a annoncé qu'elle avait été kidnappée par les autorités. Sa cousine, Rania O. Ismail, a écrit :
« Aujourd'hui , à environ 6 heures du soir heure de Damas, Amira marchait dans le quartier de la station de bus Abbasid, près de la rue Fares al Khouri. Accompagnée d'une amie, elle était allée rencontrer une personne qui faisait partie du Comité Local de Coordination.
Amina a dit à son amie qu'elle continuerait seule et elles se sont séparées. Amina a apparemment retrouvé la personne qu'elle devait rencontrer. C'est à ce moment qu'un groupe d'hommes, âgés d'une vingtaine d'années, l'a enlevée alors que son amie était encore à proximité. Selon le témoin (qui veut rester anonyme) ces hommes étaient armés. Amina a frappé l'un d'eux et demandé à son amie d'aller chercher son père.
L'un des hommes a alors bâillonné Amina avec sa main et elle a été violemment poussée dans une Dacia Logan rouge arborant un auto-collant de Basel Assed sur une de ses vitres. Le témoin, qui n'a pas pu relever l'immatriculation de la voiture, s'est alors précipité pour prévenir le père d'Amina.
Les hommes sont présumés faire partie d'un des groupes des services secrets ou de la milice du parti Baas. On ne sait pas où est Amina, si elle est en prison ou détenue ailleurs à Damas. » (voir la capture d'écran)
Screen_shot_2011-06-08_at_9.48.04_AM.png
Quelques heures après son premier message, la cousine d'Amina a publié une mise à jour avec ces informations :
« J'ai eu ses parents au téléphone et tout ce que nous pouvons dire pour le moment c'est qu'elle a disparu. Son père essaye désespérément de découvrir où elle a été emmenée.
Malheureusement, il y a plus de 18 services de police en Syrie ainsi que de nombreuses milices politiques et des gangs. Nous ne savons pas qui l'a enlevée et donc à qui demander sa libération. Il est possible qu'ils la déportent de force.
D'après les expériences d'autres membres de la famille qui ont été emprisonnés, nous pensons qu'il est probable qu'elle soit libérée relativement rapidement. Si ils avaient voulu la tuer, ils l'auraient déjà fait.
C'est ce pour quoi nous prions. »
Amina, dans un article que lui a consacré The Guardian il y a quelques semaines, est décrite comme :
« […] une héroïne bien involontaire de la révolte dans un pays conservateur ».
Sur Twitter, les amis de Amina ont créé le hashtag (mot clé) #FreeAmina en solidarité, et une page Facebook a été créée, demandant à tous de contacter l'ambassade américaine de leur pays, des journalistes et des personnalités, pour demander sa libération.
Photo : Amina Arraf (DR).
En partenariat avec Global Voices
Logo de Global Voices.

Colloque inaugural du Master européen ÉGALES - Études genre et actions liées à l’égalité dans la société

Jeudi 9 juin, de 16h à 19h - 18 quai Claude Bernard - Grand Amphithéâtre - Université Lyon 2
Entrée Libre


lundi 6 juin 2011

Venez au vernissage demain 19H de l'expo : Amo & Sapho

Vernissage de l'expo de 2 lycéennes : Mardi 7 juin 2011 à 19h, MJC de Perrache, au centre d'Echange, 34 cours de Verdun, lyon 2.
J'y serai vers 19h, et au plus tard 19h30 après l'atelier "triporteurs pour la Marche des Fierté.
Et aussi j'ai participé en tant que lesbienne sur 2 séries de photos.

Voici leur projet (elles se présentent mieux elles-même) :

Camille Durand & Emma Krebs  vous présentent :  Amo & Sappho  
 
17 ans, peu de moyens mais beaucoup d'imagination : notre projet est parti de peu de chose et pourtant nous sommes heureuses de vous inviter à venir en voir le résultat ! 
 
Un rêve parti de rien, d'une idée folle, d'une petite discussion.
Puis, nous sommes tombées sur Samuel,  un heureux hasard, qui nous aida à monter le début de ce projet.
Samuel nous guida vers Sophie, Sophie qui travaille à l'ALS, Sophie qui  s'occupe du Printemps de la Jupe et du Respect en Rhône-Alpes. 
Ainsi, nous avons participé à ce mouvement de lycéens contre les discriminations. 
 
Notre rêve a abouti grâce à ces hasards, ces chances. Nous aurions des millions de mercis à donner à ceux qui ont cru en nous, qui nous ont soutenues, qui nous ont suivies. 
Cette exposition a entrainé avec elle de la joie, de la bonne humeur, l'envie d'avancer dans le monde et d'essayer de faire avancer le monde.
 
Notre idée est de parler d'amour, de l'amour au féminin. Nous voulons parler de la ressemblance, de ce sentiment qui est le même dans tous les couples. 
En fait, nous voulons faire passer les sexes après l'amour, et essayer de vous montrer qu'il n'y a pas de différence, c'est toujours deux êtres humains amoureux. 
 
Avons-nous atteint ce but ? C'est à vous de nous le dire. 
Pour cela,  nous sommes fières de vous présenter notre exposition, Amo & Sapphole 7 juin, à partir de 19h jusqu'à 21h, à la MJC Perrache.  
Pour plus d'informations vous pouvez  nous contactez : 
Camille au 0671663311 ou Emma au 0646760170. 
Ou encore par mail, krebs.emma@gmail.com et durand_camille@hotmail.fr 



dimanche 5 juin 2011

SAnté lesbienne et Yagg dans : "Comment ça va les filles?"


Voici le nouvel épisode de la campagne de santé lesbienne et FsF (Femme ayant des rapports Sexuels avec des Femmes, et qui ne se reconnaissent pas forcément dans un groupe "lesbienne", "guouine", ou "bi") sur le thème "usage de drogues et d'alcool".

C'est intéressant aussi de lire les commentaires liés à l'intervention de Malika Amaouche en tant qu'experte et à la mienne en tant qu'usagère.
Ces réactions sont vives parfois mais en tout cas amènent des éléments de réflexions pertinents sur notre façon d'aborder nos usages, comment on se prends en charge, ect.

Pour situer aussi à celles à qui j'en avais parlé, c'est Malika qui avait présenté l'année dernière aux UEEH avec Act'Up un atelier de santé lesbienne. Et qui avait fait un kit composé d'un gant, capote, lubrifiant, un exemplaire des "L" de Clotilde Genon qu'on trouve sur le site du Crips.

Vous trouverez les infos liées à la campagne de Yagg dans le lien joint.

Bonne soirée à toutes.
Alex


Lien :

Yagg : Comment ça va les filles?
UEEH - Université d'Eté Euroméditerranéenne des Homosexualités : http://www.ueeh.net/temp2/
Les "L" de Clotilde Genon : http://www.lecrips.net/L/

vendredi 3 juin 2011

Enquête presse gay et Lesbienne 2011

L'enquête presse gay et lesbienne 2011 est adressée aux hommes homo et/ou bi et surtout : pour la première fois aux femmes lesbiennes et/ ou bi.

Cette enquête est lancée par l'Institut de Veille Sanitaire (INVS)
et soutenue et financée par l'Agence Nationale de Recherche contre le Sida et les hépatites virales (ANRS).
La première enquête a eu lieu il y a 25 ans et ne concernait que les hommes homo et/ ou bi dans une optique préventive du VIH.

L'idée aujourd'hui, avec les femmes lesbiennes et/ou bi est d'avoir plus de connaissance sur nos sexualités et notre rapport à la santé afin de mettre en oeuvre des actions adaptées à nos vies :))

Voici le lien vers l'enquête : http://www.enquetegayslesbiennes.fr/quizz/condition/99
Elle restera en ligne du 16 mai au 25 juin.